Steampunk

Smog of Germania – Marianne Stern

Résumé:

Germania, début des années 1900, capitale du Reich. À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française – et pour cause : on dit qu’il n’a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l’oeuvre. Une poursuite infernale s’engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s’il ne s’agissait pas en réalité d’un gigantesque complot, qui se développe dans l’ombre depuis trop longtemps.


Mon avis:

C’est maintenant devenu une habitude, lors de chaque Foire du Livre de Bruxelles, un détour s’impose par le stand des Editions du Chat Noir. Ce livre me faisait de l’œil, mais il me manquait ce petit quelque chose pour qu’il rejoigne ma PAL. Finalement, après un pitch plutôt convaincant de Mathieu Guibé, je me suis laissé tenter. Et grand bien m’en a pris !

Avec ce premier tome de la saga intitulée « Récits du Monde Mécanique », Marianne Stern propose un récit à l’esthétique steampunk, genre avec lequel elle se sera permis quelques libertés.

La première originalité de ce roman est que le smog et la révolution industrielle habituellement associés à la ville de Londres et l’époque victorienne ont déserté la capitale britannique pour envahir les rues de Germania, la capitale du Reich. À la tête de celle-ci, le Kaiser Wilhem, dont on dit qu’il n’a plus toute sa raison. En effet, rien ne lui importe plus que le désir de faire de sa ville un fleuron industriel. Le smog est d’ailleurs le triste résultat de cette mégalomanie.

Qui dit steampunk dit également inventions et technologies ingénieuses et c’est ici que réside la seconde originalité de ce roman : les orfèvres. Il s’agit d’une caste bien particulière d’individus dotés d’un don très rare leur permettant de créer des inventions d’une grande complexité et d’une perfection inégalable. Il va sans dire qu’ils sont très convoités par les dirigeants des diverses puissances mondiales et qu’ils préfèrent se terrer dans l’ombre plutôt que de faire étalage de leur talent.

En ce qui concerne les personnages, j’ai beaucoup apprécié leur complexité.

Commençons par Viktoria-Luise Von Preuben, personnage central de cette histoire, fille du Kaiser Wilhem, dont le seul but dans l’existence est de rechercher un mari respectable qui pourra un jour succéder à son père. La capricieuse demoiselle adore n’en faire qu’à sa tête et elle se fait un devoir de défier les interdits imposés par son père. L’un de ses passe-temps favoris consiste à quitter régulièrement la sécurité du château afin d’arpenter les sombres rues de Germania. Cependant, la vie de château de Viktoria bascule le jour où elle échappe de justesse à une tentative d’assassinat.

La jeune Fräulein au caractère bien trempé, incarne à la perfection le stéréotype de la petite fille pourrie gâtée, habituée à ce qu’on lui passe tous ses caprices. Il est très difficile de ne pas trouver ce personnage horripilant ! Cependant, au fur et à mesure des événements auxquels elle sera confrontée pour sauver sa vie et échapper au vaste complot qui menace la stabilité politique bien précaire du Reich, la jeune fille gagne en maturité et descend peu à peu de son piédestal. Je me suis même surprise à l’apprécier en fin de compte et même à éprouver de la compassion pour elle, notamment lorsqu’elle se voir rejetée par l’homme qu’elle aime. Non, non, ne comptez pas sur moi pour dévoiler le nom de l’heureux (ou malheureux) élu !

Dans sa fuite, Viktoria sera escortée par Jérémiah, mi-humain, mi-automate, son garde du corps, mais avant tout l’Exécuteur du Kaiser. Ce dernier effectue les basses besognes dictées par Wilhem et réduit au silence les traitres et autres indésirables. Froid, taciturne et sans pitié en apparence, il laisse cependant entrevoir une part d’humanité très touchante lorsque sa carapace s’effrite.

Viktoria et Jérémiah pourront notamment compter sur l’aide de Herr Maxwell, le maître-espion du Kaiser pour les épauler dans leur fuite et démasquer le commanditaire du meurtre. Sous ses airs de parfait gentleman avenant et sympathique se cache un redoutable adversaire calculateur et fin tacticien.

Au fur et à mesure de leur périple, les trois compagnons seront tantôt épaulés, tantôt poursuivis par une foule d’autres personnages à la psychologie tout aussi complexe. Rassurez-vous, bien que ces derniers soient nombreux, ils font leur apparition au fur et à mesure du récit et dans un ordre tout à fait logique. Impossible donc de s’y perdre.

Finalement, en ce qui concerne l’intrigue, celle-ci est tortueuse et sombre à souhait. On tremblera plus d’une fois pour le salut des personnages que l’auteur prend plaisir à malmener. Quelques petites touches de nécromancie et d’humour noir viennent ponctuer l’atmosphère déjà bien oppressante et cruelle qui se dégage de Germania.

En bref, j’ai adoré Smog of Germania, qui est l’un de mes coups de cœur de cette année !  J’ai hâte de découvrir ce que Marianne Stern nous réserve dans le second et le troisième tome de cette trilogie. En tout cas, j’espère bien y retrouver Maxwell et surtout Jérémiah !


Note: ★★★★★

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